Nuages d’été
Iwashigumo
Fiche technique
Mon avis
À sa manière, subtile et amère, Mikio Naruse témoigne d’un changement sociologique, d’une opposition forte entre tradition et modernité, qui se traduit par une incompréhension entre les générations. C’est un thème classique du cinéma japonais, que l’on retrouve notamment dans les films d’Ozu. On est moins habitué, en revanche, à cette peinture de la campagne japonaise, magnifiée ici par des couleurs vives. C’est le premier film que Naruse tourne en couleur et pour écran large. Il en exploite tout le potentiel. Il brosse aussi un beau portrait de femme (sa spécialité). Une femme insatisfaite, qui tente de s’émanciper sans pouvoir vraiment se défaire du poids des valeurs ancestrales.
Au cours de sa carrière, le cinéaste a adapté cinq romans de Fumiko Hayashi, dont Nuages d’été (Iwashigumo). Cet écrivain était visiblement très inspiré par les nuages (gumo), si l’on en juge par les titres de deux autres de ses livres adaptés par le cinéaste : Nuages flottants (Ukigumo) et Nuages épars (Midaregumo).
Frédéric Viaux (film vu le 17/01/2009)