Les Proies
The Beguiled
Fiche technique
Mon avis
Le film commence gentiment puis devient de plus en plus troublant. La présence d’un beau mâle, tout ennemi qu’il soit, émoustille cette communauté féminine vivant en huis clos, éveille inévitablement désirs et jalousies, réveille frustrations et autres névroses. Le soldat use et abuse de son pouvoir de séduction, cultive de façon vaguement perverse une tension érotique, jusqu’à ce qu’il perde la maîtrise de la situation. Et là, le récit prend un tour vraiment surprenant, avec une nouvelle donne en termes de rapports de force et quelques développements monstrueux.
Un peu outrancier probablement, ce film n’en est pas moins marquant et singulier, avec des thématiques et un dénouement bien peu conformes aux canons hollywoodiens. Les distributeurs n’ont d’ailleurs pas trop su quoi en faire, le « vendant » au public comme un western… Public qui a été tout autant décontenancé et qui n’est pas venu en nombre dans les salles. Quoi qu’il en soit, on peut apprécier aujourd’hui l’audace et la qualité de ce long-métrage. Côté réalisation, Don Siegel crée habilement une ambiance malsaine et, côté interprétation, Clint Eastwood se révèle très convaincant dans un rôle plus ambigu et subtil que la plupart des rôles qu’il acceptait à l’époque. Celui de l’inspecteur Harry, par exemple, qu’il endossera après ce film, en 1971, sous la direction du même Don Siegel…
D’après un roman de Thomas Cullinan qui aurait puisé son inspiration dans une pièce d’Eschyle (!). Musique : Lalo Schifrin.
Frédéric Viaux (film vu le 28/12/2005)