La Terre éphémère
Simindis kundzuli
Fiche technique
Mon avis
Cette chronique de la vie paysanne par temps de guerre vaut surtout pour son cadre insolite, un îlot cultivé au milieu du fleuve Inguri, et pour sa thématique centrale qui confronte l’homme à une nature sauvage, à la fois généreuse et cruelle. Le cinéaste géorgien George Ovashvili, dont c’est le second long-métrage après L’Autre Rive (2009), exploite joliment ce décor grâce à une réalisation attentive, contemplative, et un bon travail sur la lumière. La thématique nature/culture, via l’évocation d’une tradition agricole singulière, débouche quant à elle, à la fin, sur une réflexion intéressante sur le passage du temps, le cycle de la vie et de la mort, et une forme d’éternel recommencement.
Dans ce pur film de festival, drame minimaliste, quasiment sans dialogue, tout en lenteur, on peut toutefois regretter que les bribes d’histoires annexes (l’éveil de la sensualité de la jeune fille, les relations avec le soldat blessé, le conflit guerrier latent…) ne soient pas plus étoffées et abouties. Ovashvili glane de petites choses qui forment un tout que l’on aurait aimé plus consistant. Mais les travaux et les jours du vieux paysan et de sa petite-fille, ainsi que le point de vue insulaire donnent au film une originalité certaine et un caractère touchant à défaut d’être particulièrement stimulant.
Globe de cristal du meilleur film au festival de Karlovy Vary 2014.
Frédéric Viaux (film vu le 20/09/2014)