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Fiche technique
Mon avis
Park Chan-wook adapte ici très librement un roman de Donald Westlake, Le Couperet, qui fut également adapté au cinéma en 2005 par Costa-Gavras. Costa-Gavras à qui le réalisateur sud-coréen dédie d’ailleurs son film. Entre les deux adaptations du roman, on peut largement préférer la française, plus sobre sur la forme et plus convaincante sur le fond.
Le début de ce film est toutefois plutôt réussi avec son regard critique sur la société sud-coréenne et sur le monde contemporain “aisé” en général : matérialisme excessif, capitalisme sauvage, monde du travail impitoyable… Les séances de coaching de groupe pour licenciés déprimés sont cruellement savoureuses. L’évocation du déclin de la famille du héros est emballée de manière assez fulgurante. Mais c’est après que cela déçoit, quand le héros met en œuvre son projet meurtrier. Le scénario perd alors un peu son orientation principale (liée au monde du travail) pour emprunter des chemins de traverse parfois longs et sinueux. Le mélange des genres, entre propension à la violence, goût du burlesque voire du grotesque, et thriller, s’avère par ailleurs inégal en qualité. L’intention est appuyée, amplifiée par des effets de style dont certains paraissent gratuits, même s’il faut reconnaître une inventivité en matière de points de vue et de montage. Enfin, le récit, rocambolesque et improbable, se conclut sur une évocation de l’intelligence artificielle qu’on peut trouver plaquée.
Frédéric Viaux (film vu le 15/02/2026)