Les Enfants sans terre

Los niños sin tierra

  • La piste aux étoiles

Fiche technique

Titre en VF
Les Enfants sans terre
Titre en VO
Los niños sin tierra
Année (copyright)
2026
Réalisateur(s) et acteurs principaux
Réalisateur René Ballesteros
Genre(s)
Documentaire
Thématiques
Enfants adoptés, Enfants abandonnés, Quêtes identitaires, Regards sur le Chili, Films de 2026
Pays de production
France,  Chili
Durée
1 h 35 min
Résumé
Au Chili, dans les années 1970-1980, environ 20 000 enfants ont été abandonnés ou "volés", puis envoyés en adoption à l'étranger. Beaucoup d'entre eux sont nés en territoire mapuche, au sud du pays. René Ballesteros (le réalisateur) accompagne deux de ces enfants, devenus adultes, vers leurs origines. Daniel et Juan. Cahier d'un retour au pays natal.
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Mon avis

De documentaire en documentaire (La Brûlure, 2009, Les Rêves du château, 2018, Les Enfants sans terre, 2026), René Ballesteros développe des thématiques récurrentes : la filiation mystérieuse et douloureuse, la quête identitaire, la puissance des rêves, la terre originelle, les esprits associés à cette terre… Du réalisme viscéral aux frontières du fantastique. C’est ce qui fait la singularité de son cinéma.

Dans Les Enfants sans terre, on suit de manière immersive le cheminement physique et le cheminement intérieur de deux enfants adoptés, à la recherche de leur histoire et d’un ancrage personnel, là où dans La Brûlure le réalisateur proposait son propre cheminement introspectif, son propre rapport à la filiation, en mode “autodocumentaire”. René Ballesteros est un bon “créateur de situations”, propices à faire éclore des sensations, des révélations ou de nouvelles questions. Il y a quelque chose qui vibre en permanence, qui éveille un intérêt empathique pour les personnages et un intérêt presque mystique pour une terre, le sud du Chili, noyé de pluies et de brumes. Le montage alterne les parcours des deux protagonistes, les informations concrètes et les scènes à portée plus symbolique (dont l’une très belle, vers la fin, dans une grotte en forêt, cavité maternelle et porte d’entrée vers le monde des esprits, bruissant de mille et une voix). La progression narrative est intéressante : un puzzle de vie qui s’assemble peu à peu dans un cas, en ouvrant un horizon nouveau ; une situation plus frustrante dans l’autre cas.

Trois bémols cependant. Le premier porte sur le sujet en général, au-delà des deux cas particuliers qui nous sont présentés. Il y a bien quelques phrases contextuelles au début du film, mais il aurait été intéressant d’avoir des informations en plus pour mieux cerner les raisons, sociales ou politiques, de tous ces abandons ou “vols” d’enfants mapuche dans les années 1970-1980, durant la dictature. Le deuxième est lié au nombre de personnages secondaires et à une certaine difficulté, parfois, pour les identifier (on se perd un peu dans les liens familiaux). Le troisième tient au dénouement, apparaissant comme un nouveau chapitre qui semble s’ouvrir mais se clôt très vite, et clôt ainsi le film. Dommage de ne pas être resté dans la grotte ou, mieux, près de la grotte, dans cette belle forêt chilienne. Quoi de mieux que des arbres pour un enfant qui retrouve ses racines ?

Frédéric Viaux (film vu le 26/03/2026)

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