Dead Man

Dead Man

  • La piste aux étoiles

Fiche technique

Titre en VF
Dead Man
Titre en VO
Dead Man
Année (copyright)
1995
Réalisateur(s) et acteurs principaux
Réalisateur Jim Jarmusch, Acteurs, Johnny Depp, Gary Farmer, Lance Henriksen, Michael Wincott, Eugene Byrd, John Hurt, Robert Mitchum, Mili Avital, Gabriel Byrne, Iggy Pop, Billy Bob Thornton, Jared Harris, Alfred Molina, Crispin Glover
Genre(s)
Western
Thématiques
Trains, Lignes de fuite, Chasses à l'homme, Tueurs à gages, Indiens d'Amérique, Amis de la poésie bonsoir !, Road-Movies, Au fond des bois, Errances et dérives, Romans d'apprentissage - récits initiatiques, Mysticisme, Bateaux, Chef op' Robby Müller, Films de 1995
Pays de production
États-Unis
Durée
2 h 00 min
Résumé
Un train sillonne l'Ouest américain, au 19e siècle. À son bord, William Blake, parti de Cleveland, rejoint la petite ville de Machine où la fonderie Dickinson lui a promis un poste de comptable. Sur place, il découvre cependant que le poste a été pourvu, essuie les moqueries des employés et la colère carabinée du fondateur, John Dickinson. Le jeune homme trouve alors consolation dans les bras d'une jeune femme, avant de devoir tuer l'ex-fiancé de celle-ci, qui n'est autre que le fils de John Dickinson. William Blake, blessé, s'enfuit...
IMDB

Mon avis

Un western à nul autre pareil. On y trouve pourtant les décors (superbes) de l’Ouest américain. Et une trame narrative classique : l’histoire d’un homme recherché pour meurtre, en fuite, avec des chasseurs de primes à ses trousses. Mais la fuite et la poursuite prennent ici une voie singulière, entre errance et récit initiatique. L’errance : thème fétiche du Jim Jarmusch des débuts (Permanent Vacation, Stranger Than Paradise, Down By Law). On pourrait parler d’une poétique de l’errance, en noir et blanc, méditative, sensorielle, hypnotique. Et aussi d’un comique de l’errance, tout en dérision et farce absurde. Le récit initiatique commence quant à lui par un trajet vers la sinistre ville de Machine, présenté comme un voyage “vers l’enfer”,  et se conclut par un voyage vers la mort, aux allures de rite, mené par un Indien qui se fait appeler Nobody et qui jouit d’un verbe savoureusement métaphorique. Drôles de voyages, ponctués d’un irrésistible quiproquo (Nobody confond le personnage de William Blake, comptable de son état, avec le poète anglais du même nom) et d’un running gag amusant (via la répétition de la question “Do you have any tobacco ?”). Cela donne un road-movie délicieusement décalé. À la fois prosaïque et poétique, bouffon et grâcieux.

Tout au long de ce film, qui peut être considéré comme son plus abouti à ce jour, Jim Jarmush réussit donc l’exploit de cultiver de manière parfaitement fluide un mystère lancinant et envoûtant, une trivialité aux accents burlesques, un drôlerie macabre et funèbre, quelques visions fugitives de la barbarie de la conquête de l’Ouest et une inspiration sublime, la dernière partie touchant au trip extatique et relevant de ces moments de cinéma qui font rêver les yeux ouverts. Au-delà de ce petit miracle de scénario et de réalisation, le film doit beaucoup au travail du chef op’ Robby Müller (noir et blanc très contrasté, compositions graphiques magnifiques), à la guitare électrique géniale de Neil Young, à la présence lunaire et halluciné de Johnny Depp, à celle, formidablement bonhomme et mystique, de Gary Farmer, et à celle, furibonde, de Robert Mitchum dans son dernier rôle au cinéma.

Frédéric Viaux (film vu le 16/01/1996, revu le 07/08/2026)

Photo et bande-annonce

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