Le Roman de Mildred Pierce
Mildred Pierce
Fiche technique
Mon avis
En affaires comme en amours, Mildred Pierce a toujours orienté ses choix de vie pour assurer le bonheur et l’aisance financière de ses deux filles qu’elle aime par dessus tout (notamment l’une, Veda), mais qui ne le lui rendent pas comme elle voudrait. Une mère courage, prête à tout, jusqu’aux pires concessions, jusqu’aux pratiques les moins orthodoxes. Adapté d’un livre de James M. Cain, ce Roman de Mildred Pierce, mi-polar, mi-mélodrame, tient aussi du film noir “par l’atmosphère sordide du background sociologique et par une galerie de personnages dépeints sans aménité par James Cain : fille cynique et avide, second mari gigolo, etc.” (François Guérif, Le Film noir américain). De fait, il y a peu de personnages sympathiques dans ce récit où la plupart des relations sont intéressées et où le rapport mère/filles apparaît singulièrement pathologique. Récit cruel et pathétique, marqué par l’échec. Construit en flash-back, le film est superbement réalisé par Michael Curtiz et photographié par Ernest Haller. Il permet aussi à Joan Crawford de livrer une interprétation mémorable qui lui vaudra un Oscar et relancera sa carrière, alors en déclin. Ann Blyth compose quant à elle l’une des plus belles “pestes” de l’histoire du cinéma. Formidablement détestable.
Oscar 1946 de la meilleure actrice pour Joan Crawford. Musique : Max Steiner.
Frédéric Viaux (film vu le 26/06/2006)