Autofiction
Amarga Navidad
Fiche technique
Mon avis
Pedro Almodóvar n’avait manifestement pas grand-chose à dire, mais voulait faire un film quand même. Comme le personnage central de cette Autofiction… Almodóvar en manque d’inspiration a donc fait un film sur un cinéaste en manque d’inspiration, pour un résultat qui manque d’inspiration. C’est cohérent mais assez désolant. Le principe d’une mise en abîme, et même de deux mises en abîme, est pourtant intéressant en soi : Almodóvar se regarde via le personnage d’un autre cinéaste qui se regarde via le personnage d’une réalisatrice de pubs dans le scénario qu’il est en train d’écrire. Le thème principal du film, la “vampirisation” du réel pour nourrir la fiction, est tout aussi intéressant sur le papier. Mais sans élément fort ou nouveau en matière de réflexion ou d’imaginaire, le concept et le thème, dans leurs tenants et et aboutissants, n’éveillent qu’un aimable ennui. On peut par ailleurs n’éprouver qu’une empathie modérée pour ces personnages si beaux, si riches, si bien habillés, qui ont des crises d’inspiration, des crises d’angoisse. On peut enfin ne voir dans ce film qu’une caricature, le réalisateur espagnol semblant se singer lui-même sur le fond (dans une veine mélodramatique très appuyée, aussi décousue que sans effet) et sur la forme (dans une esthétique lisse de magazine de mode et de déco, pub géante pour Chanel, Prada…). Autodérision et autocritique ? Ou bien jeu de miroirs complaisant ? Difficile à dire, même si la seconde option paraît plus probable. Au final, peu importe. L’ensemble du projet, ainsi conçu, est assez vain et donc dispensable.
Musique : Alberto Iglesias.
Frédéric Viaux (film vu le 26/05/2026)