Backrooms
Backrooms
Fiche technique
Mon avis
Ce film est le prolongement au cinéma d’une série de vidéos diffusées sur YouTube par Kane Pixels (de son vrai nom Kane Parsons), explorant le mythe urbain des backrooms, ces lieux fictifs en marge de la réalité. Ici : en marge d’un magasin de meubles, une enfilade labyrinthique de pièces aux murs jaunes, vides ou parsemées d’objets hétéroclites, ou traversées par quelques créatures inquiétantes. Le concept du film est intrigant. La conception des espaces, assez extraordinaire. Et la réalisation, sans surenchère d’effets, efficacement flippante. Mais pas que. Ce que l’on peut apprécier dans ce projet, c’est qu’il dépasse assez vite le simple exercice de style en matière d’épouvante pour donner à envisager des espaces mentaux dont les espaces physiques sont les concrétisations mystérieuses et fascinantes. Des espaces de formation et de déformation de souvenirs. Un labyrinthe de l’inconscient, avec ses traumas et ses monstres. Un lieu d’anéantissement, aussi. On aurait aimé que l’auteur creuse davantage sur le fond. Mais il y a déjà là une bonne matière à réflexion, sans clé narrative évidente et donc ouverte aux interprétations. C’est un petit “précipité” psychanalytique et surréaliste, avec une scène mémorable (la scène du repas), une fin troublante et un ensemble de références bien choisies, bien exploitées. On est quelque part entre Le Passe-muraille de Marcel Aymé, Alice au pays des merveilles, les œuvres de Dali, les films d’épouvante en mode “found footage”, le Being John Malkovich de Spike Jonze, l’univers de David Lynch… Des influences brillamment digérées et une perspective inédite, par un cinéaste qui a tout juste passé 20 ans. Et qui promet.
Frédéric Viaux (film vu le 18/06/2026)