Histoires parallèles
Histoires parallèles
Fiche technique
Mon avis
Pour son second long-métrage tourné en France (après Le Passé), Asghar Farhadi s’est inspiré très librement de Brève Histoire d’amour, sixième épisode du Décalogue de Krzysztof Kieslowski, en intégrant le thème du voyeurisme dans un dispositif de métafiction littéraire. L’hommage au cinéaste polonais se retrouve dans l’orchestration d’un chassé-croisé de personnages, dans l’expression de destinées bouleversées, dans un certain questionnement moral et dans la collaboration avec le compositeur fétiche de Kieslowski, Zbigniew Preisner, pour la musique du film. Hommage louable dans ses intentions, pertinent en raison des points communs qui existent entre les filmographies des deux réalisateurs, mais pas très marquant dans sa concrétisation. Idem pour l’argument de métafiction et de mise en abyme. Stimulant dans son principe : la réalité nourrit la fiction qui, à son tour, nourrit la réalité. Mais poussif et longuet dans son traitement. Idem encore pour le casting “all stars” : alléchant sur le papier, mais sans grande performance au final, ni individuelle ni chorale.
Globalement, sans être indigne d’intérêt, ces Histoires parallèles manquent de rythme, d’intensité, de profondeur. On retrouve peu le lyrisme ou la puissance dramatique de Kieslowski. On retrouve peu le sens du suspense moral qui fait le sel du cinéma de Farhadi. Résultat en demi-teinte, donc, à la fois sur le fond et sur la forme visuelle (assez grise).
Frédéric Viaux (film vu le 25/05/2026)