Le Prête-nom

The Front

  • La piste aux étoiles

Fiche technique

Titre en VF
Le Prête-nom
Titre en VO
The Front
Année (copyright)
1976
Réalisateur(s) et acteurs principaux
Réalisateur Martin Ritt, Acteurs, Woody Allen, Andrea Marcovicci, Zero Mostel, Herschel Bernardi, Michael Murphy, Remak Ramsay, David Margulies, Lloyd Gough, Norman Rose, Josef Sommer, Danny Aiello
Genre(s)
Comédie dramatique
Thématiques
Personnages scénaristes, Personnages producteurs, Personnages acteurs, Télévision, Impostures, Paranoïa, FBI, Pulsions suicidaires, Films de 1976
Pays de production
États-Unis
Durée
1 h 35 min
Résumé
En plein maccarthysme, un scénariste blacklisté se tourne vers un ami d'enfance, caissier dans un bar, pour lui demander de signer de son nom ses scénarios pour la télévision, et lui permettre ainsi de continuer à travailler. Tout cela contre un pourcentage de ses revenus. L'ami en question accepte et se prend au jeu.
IMDB

Mon avis

Un très bon film sur le maccarthysme, ses rouages et ses ravages dans l’univers de la création. Documenté, corrosif. Et pour cause : il a été conçu par des personnes qui ont vécu la période sur le banc des accusés. Accusés de sympathies communistes et donc d’activités anti-américaines. Le réalisateur Martin Ritt, le scénariste Walter Bernstein et plusieurs acteurs, dont Zero Mostel, ont été blacklistés au début des années 1950. Martin Ritt, metteur en scène et acteur de théâtre jusque-là, a vu alors sa carrière interrompue. Il devint enseignant à l’Actor’s Studio (avec notamment pour élèves James Dean, Paul Newman…) avant d’arriver au cinéma en 1957, quand la liste noire fut mise de côté. La filmographie à laquelle il a ensuite donné naissance en tant que réalisateur est marquée par un certain engagement, portée par de justes causes, contre les injustices. On lui a reproché parfois sa manière démonstrative, mais certaines œuvres, comme L’Espion qui venait du froid et ce Prête-nom, sont très réussies. Le Prête-nom, évidemment, lui tenait particulièrement à cœur. Au final, ce n’est peut-être pas sa réalisation que l’on retiendra le plus, mais la qualité d’écriture de Walter Bernstein pour décrire un système de suspicion et de dénonciation, de paranoïa et de persécution. Le projet initial était purement dramatique. La Columbia, qui produisait le film, a cependant voulu contrebalancer cette tonalité en ajoutant une veine comique, via la collaboration de Woody Allen. Pour des raisons commerciales, certainement. Avec un risque de dénaturation du propos. Mais le mélange des registres fonctionne bien ici. Les saillies comiques savoureusement alleniennes, qui donnent dans la dérision ou l’absurde, apportent différentes nuances à la dimension critique du film. Le succès dans les salles n’a toutefois pas été au rendez-vous.

Frédéric Viaux (film vu le 14/08/2026)

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