Marat/Sade

The Persecution and Assassination of Jean-Paul Marat as Performed by the Inmates of the Asylum at Charenton Under the Direction of the Marquis de Sade

  • La piste aux étoiles

Fiche technique

Titre en VF
Marat/Sade
Titre en VO
The Persecution and Assassination of Jean-Paul Marat as Performed by the Inmates of the Asylum at Charenton Under the Direction of the Marquis de Sade
Année (copyright)
1967
Réalisateur(s) et acteurs principaux
Réalisateur Peter Brook, Acteurs, Patrick Magee, Ian Richardson, Glenda Jackson, Clifford Rose, Michael Williams, Freddie Jones, Hugh Sullivan, Robert Langdon Lloyd, John Steiner, John Hussey, William Morgan Sheppard, Jonathan Burn, Jeanette Landis, Susan Williamson, Brenda Kempner, Ruth Baker
Genre(s)
Drame, Histoire, Chanté / Dansé, Expérimental
Thématiques
Adaptations de pièces de théâtre, Objets filmiques non identifiés, Huis clos (ou presque), À l'asile psychiatrique, Sur scène, Sade et le cinéma, Révolution française, Politique française, Pouvoir politique, Titres longs voire très longs, Films de 1967
Pays de production
Royaume-Uni
Durée
1 h 55 min
Résumé
1808. Interné à l'asile de Charenton, le marquis de Sade n'a jamais cessé d'écrire. Il a notamment composé une pièce de théâtre sur la persécution et l'assassinat de Marat, intervenus quinze ans plus tôt. Le directeur de l'asile, convaincu de la pertinence d'une thérapie par l'art, accepte que Sade donne une représentation de cette pièce, interprétée par quelques pensionnaires psychotiques, au sein même de l'établissement.
IMDB

Mon avis

En 1966, Peter Brook et sa Royal Shakespeare Company adaptent pour le cinéma la pièce allemande de Peter Weiss qu’ils ont déjà montée sur scène avec succès. Ils en conservent le titre à rallonge, The Persecution and Assassination of Jean-Paul Marat as Performed by the Inmates of the Asylum at Charenton Under the Direction of the Marquis de Sade. Titre abrégé finalement en Marat/Sade pour le commun des cinéphiles… Ouf.

Cette reconstitution imaginaire, par Sade, des derniers jours de Marat, offre une confrontation des idées de l’un et de l’autre sur les tenants et aboutissants de la Révolution de 1789, et plus largement sur la conception de la nature, de l’homme et du pouvoir. Sade voit dans l’après-Révolution le dépérissement de l’individu, la mort du libre arbitre, l’uniformité, la faiblesse d’un État sans contact avec l’individu, tout en étant inattaquable. Il met en scène une population qui n’est jamais sortie de sa pauvreté, qui réclame ses droits à la liberté et qui conteste la mainmise sur les affaires d’État de profiteurs et de manipulateurs. Sur le banc des accusés : Marat, en qui une partie de cette population voit un tribun et un dictateur, au point d’éveiller les pulsions meurtrières d’une jeune Normande, Charlotte Corday. Marat continue de croire aux idéaux révolutionnaires au nom de l’ordre et de la raison, là où Sade ne voit dans la nature et dans l’homme que destruction et indifférence.

En faisant entendre toutes ces voix, dans un cadre représentant les bains de l’asile de Charenton, en total huis clos, Peter Brook offre un étonnant morceau de cinéma expérimental, porté par un sens étourdissant de la joute verbale et par une énergie folle, exutoire, outrancière. Entre réflexions intellos et séquences chantées/dansées aux accents de comédie musicale violente et grotesque, le réalisateur fascine et déroute. Son spectacle est original, puissant, exigeant. Mais aussi un peu assommant et étouffant sur la longueur, malgré les variations de rythme et les bonnes idées de mise en scène pour exploiter le huis clos. Œuvre unique et inclassable, donc, dans la filmographie d’un auteur non moins unique et inclassable.

Frédéric Viaux (film vu le 14/06/2014)

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