OSS 117 – Le Caire, nid d’espions
OSS 117 - Le Caire, nid d'espions
Fiche technique
Mon avis
Amusant come-back d’un personnage que l’on pensait définitivement has been… Né sous la plume de l’écrivain Jean Bruce en 1949 (soit quatre ans avant que Ian Fleming ne crée James Bond), OSS 117 – Hubert Bonisseur de la Bath pour les intimes – a été le héros de nombreux romans d’espionnage parus en France jusqu’au début des années 1990. Au cinéma, OSS 117 a surtout officié dans les années 1960, connaissant ses heures de gloire sous la houlette d’André Hunebelle. Il a bien pâti de la concurrence de son homologue anglais, 007, avant de disparaître des écrans au début des années 1970. Ringardisé, placardisé… mais ressuscité, donc, trente-cinq ans plus tard, par Michel Hazanavicius qui en fait le héros d’une parodie de films d’espionnage vintage. Bonne idée. Coscénarisée par Jean-François Halin (ex-auteur des Guignols de l’info), cette nouvelle aventure est un mélange plaisant de références au genre et de délires façon ZAZ (Zucker, Abrahams, Zucker, les auteurs des premiers Y a-t-il…). Au programme : dialogues absurdes, clins d’œil et autres détournements de films des années 1950 (Tant qu’il y aura des hommes, pour les scènes de plage, L’Homme qui en savait trop, pour la scène de l’espion encapuchonné)… Mais surtout, ce qui fait le sel cet OSS 117, c’est la caricature, via le personnage principal, du Français de l’époque. D’aucuns diront que c’est encore un peu celle du Français d’aujourd’hui… En déplacement à l’étranger, Hubert Bonisseur de la Bath brille par son inculture, sa suffisance, sa condescendance gentiment méprisante de colon. Donneur de leçons, il est aussi bagarreur, séducteur poids lourd, macho, mais attention, pas homo, hein… Traitée au second degré, toute cette (auto)dérision est assez drôle. Dommage que le niveau des gags soit un peu inégal sur la longueur et que Jean Dujardin cabotine autant. Quoi qu’il en soit, l’ensemble est plutôt réussi, sur le fond comme sur la forme (une kitscherie fifties très soignée).
César 2007 des meilleurs décors.
Frédéric Viaux (film vu le 14/12/2013)