Rose
Rose
Fiche technique
Mon avis
Un film qui tient à la fois du Retour de Martin Guerre, de Daniel Vigne, pour la question d’usurpation d’identité, du Ruban blanc, de Michael Haneke, pour la peinture en noir et blanc et cruauté d’une communauté rurale (le réalisateur Markus Schleinzer fut le directeur de casting du film), et de La Passion de Jeanne d’Arc, de Carl Theodor Dreyer, pour la symbolique des scènes finales. Des influences bien maîtrisées pour servir un scénario inspiré de différentes histoires vraies, histoires de femmes qui, un jour, ont décidé de porter un pantalon. Ce scénario brode de manière intéressante sur les conditions féminine et masculine au 17e siècle, sur la notion de liberté, sur la vie en société… avec des accents féministes et queer. On peut en questionner parfois la vraisemblance et la logique, questionner parfois aussi la pertinence de la voix off, ou regretter que l’histoire n’approfondisse pas certaines ambiguïtés, mais on est capté d’un bout à l’autre. Et on ne peut être qu’admiratif, à la fois, de la prestation de Sandra Hüller (d’une grande subtilité dans ses expressions, rugueuses puis touchantes) et de l’esthétique du film (noir et blanc superbe, cadre graphique et pictural, musique tout en finesse).
Ours d’argent de la meilleure interprétation pour Sandra Hüller au festival de Berlin 2026.
Frédéric Viaux (film vu le 20/09/2026)