Royal Affair
En kongelig affære
Fiche technique
Mon avis
Royal Affair comprend tous les ingrédients d’un bon drame historique, efficacement et joliment agencés. À commencer par le morceau d’histoire choisi, peu connu en France, même si l’on peut avoir quelques réminiscences de l’admiration que vouait Voltaire au règne de Christian VII, « Lumière du Nord ». Mais Voltaire ne savait certainement pas qu’il y avait un autre homme derrière ce règne, un libertin au sens de libre penseur, un humaniste de l’ombre, qui s’est adjugé les pouvoirs d’un roi et les faveurs d’une reine. Politique et amour se sont unis dangereusement ; l’utopie s’est confrontée à la réalité (en avance sur les autres pays européens), sur fond de secret et de complot. Le réalisateur Nikolaj Arcel a tiré de cet épisode de l’histoire du Danemark et de l’histoire des idées une trame intéressante. Mélodramatique et tragique. Le film s’appuie sur une belle reconstitution d’époque (décors, costumes), une image soignée et un trio d’acteurs principaux vraiment excellents. Petits bémols : les aspects de la réforme politique auraient mérité d’être plus développés, notamment le rapport entre le pouvoir et la population ; la réalisation aurait gagné aussi à dépasser le stade de l’élégance, à se montrer moins sage, plus audacieuse, pour mieux coller au fond de l’histoire, à cet esprit révolutionnaire des Lumières. Mais l’ensemble demeure convaincant et captivant d’un bout à l’autre.
Festival de Berlin 2012 : Ours d’argent du meilleur acteur (Mikkel Boe Følsgaard) et du meilleur scénario. Parmi les coproducteurs : Lars von Trier.
Frédéric Viaux (film vu le 29/11/2012)