Valeur sentimentale
Affeksjonsverdi
Fiche technique
Mon avis
Une jolie idée pour commencer : l’introduction de l’histoire familiale des protagonistes du point de vue de… leur maison. La suite dresse les portraits de ces protagonistes dans un tableau d’ensemble aux couleurs plus sombres que celles utilisées dans l’œuvre précédente de Joachim Trier : Julie (en 12 chapitres). Malgré quelques touches alertes ou légères, le scénario donne surtout dans le drame intimiste, aux accents parfois tchekhoviens ou bergmaniens. Drame centré sur la complexité des relations familiales, notamment sur les liens douloureux de filiation. Où il est question d’absence paternelle, de manque de reconnaissance, de difficulté à aimer ou à fonder une famille, de solitude et de mélancolie. Une mélancolie qui nourrit le thème du suicide, comme dans Oslo, 31 août, du même réalisateur. D’une belle qualité d’écriture, le scénario associe habilement cette évocation de blessures, de névroses et d’une forme d’incommunicabilité à une réflexion sur le métier d’acteur et celui de réalisateur. L’art et la vie. L’art pour fuir la vie. L’art pour transcender la vie. L’art pour recréer des ponts dans la vie. Le propos est intelligent, la mise en scène élégante. C’est peut-être plus intelligent et élégant que fort en émotion. Mais la profondeur et la subtilité s’apprécient pleinement, surtout véhiculées par de tels interprètes (Renate Reinsve et Stellan Skarsgård en tête).
Grand Prix au festival de Cannes 2025.
Frédéric Viaux (film vu le 30/08/2025)