The Mastermind

The Mastermind

  • La piste aux étoiles

Fiche technique

Titre en VF
The Mastermind
Titre en VO
The Mastermind
Année (copyright)
2025
Réalisateur(s) et acteurs principaux
Réalisatrice Kelly Reichardt, Acteurs, Josh O'Connor, Alana Haim, Hope Davis, Bill Camp, John Magaro, Gaby Hoffmann, Jasper Thompson, Sterling Thompson, Eli Gelb, Amanda Plummer
Genre(s)
Comédie dramatique
Thématiques
Au chômage, Voleurs - braqueurs, Musées, Peintres et tableaux, Lignes de fuite, Errances et dérives, En marge de l'american way of life, Guerre du Vietnam, Juges, Films de 2025
Pays de production
États-Unis
Durée
1 h 50 min
Résumé
Menuisier au chômage, marié et père de deux enfants, J.B. projette un cambriolage dans le musée de la petite ville du Massachussets où il réside. Puis il passe à l'action avec deux complices, s'empare tant bien que mal de quatre tableaux d'Arthur Dove, avant de voir le cours de sa vie aller à vau-l'eau.
IMDB

Mon avis

L’affiche du film annonce que Kelly Reichardt revisite le film de braquage. Au vu de sa filmographie très “art et essai”, c’est en soi une information qui titille la curiosité. Et de fait, elle revisite le genre. À sa façon. Hors de tout canon commercial, n’allant ni vers l’action spectaculaire, ni vers la parodie, même si la première moitié du film prête à sourire, eu égard aux maladresses de cambrioleurs amateurs. Le réalisatrice fait dans le minimalisme, la lenteur, une relative atonie et une certaine grisaille visuelle. Les amateurs de films de braquage classiques en seront évidement pour leurs frais. Ce refus des conventions ou même d’un tout-venant “plaisant” force en quelque sorte l’intérêt. D’autant que la réalisation, à défaut d’être flamboyante, est très maîtrisée (cadre, détails). D’autant que la BO jazzy (signée Rob Mazurek) contraste singulièrement avec les images. Et d’autant que le personnage central est tout aussi médiocrement ordinaire que la perspective générale. Ce personnage est un parfait antihéros, qui semble penser peu et mal, et qui devient encore plus loser qu’il ne l’était. On ne peut le classer ni parmi les “beautiful losers”, ni parmi les losers pathétiques, tant il apparaît sans qualité, sans identité forte et sans idéal. On s’en amuse un peu au début, moins à mesure que ses dérives deviennent de plus en plus minables, voire indignes. Kelly Reichardt aborde ce personnage avec une nonchalance apparente qui peut dérouter. Mais son regard est critique et ironique. L’ironie se lit dès le titre du film (“Le Cerveau”) jusqu’à son dénouement, qui voit le personnage rattrapé par une actualité (la guerre du Vietnam) à laquelle il était totalement indifférent. Elle brosse le portrait d’un homme sans conscience, morale ou politique. Un homme qui passe à côté de sa vie, à côté de celle de sa famille, à côté de celle son pays. À côté de tout. Personnage peu aimable, sans revêtir pour autant les habits d’un “méchant”. Pas banal au cinéma. Et très bien interprété par Josh O’Connor, entre candeur et opacité.

Frédéric Viaux (film vu le 12/02/2026)

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