Avant de t’aimer
Not Wanted
Fiche technique
Mon avis
Après avoir créé une société de production indépendante, avec son mari Collier Young, Ida Lupino lança le projet de ce film en tant que productrice et scénariste. Mais ce film est aujourd’hui surtout considéré comme sa première réalisation, sans qu’elle soit pour autant créditée comme réalisatrice au générique. La raison ? Elmer Clifton, le réalisateur embauché pour l’occasion (qui fut acteur, notamment dans Naissance d’une nation et Intolérance, avant de passer à la réalisation), commença à tourner puis connut des problèmes cardiaques. Problèmes qui l’ont laissé diminué, sans pour autant le faire quitter complètement le plateau. Ida Lupino serait intervenue en relais, avant de prendre plus ou moins la main sur le tournage, s’offrant ainsi un baptême “clandestin” de réalisation, qui allait être déterminant pour la suite de sa carrière. À savoir : pour s’imposer ensuite comme réalisatrice dans un univers de réalisateurs. Mais elle ne voulut pas, lors de cette première expérience, s’approprier totalement la réalisation et choisit de laisser le crédit à Elmer Clifton, comme initialement prévu.
En créant cette société de production indépendante, Ida Lupino put par ailleurs choisir le sujet de son film, ainsi que son traitement, à rebours des modes ou tabous hollywoodiens. C’est ainsi qu’elle put s’attacher à certains aspects de la condition féminine. Ici : le cas d’une fille-mère. Un sujet peu mis en avant dans les productions de l’époque. Et un sujet qu’elle a abordé moins du côté moral que du côté psychologique et social. C’est-à-dire : au-delà du bien et du mal, en focalisant sur les illusions et désillusions d’une jeune femme naïve, sur ses traumas, sur les difficultés sociales pour affronter cette situation. Voilà qui rend le regard du film original pour l’époque, audacieux, et donc intéressant. À cela s’ajoutent quelques qualités de pudeur et de délicatesse ici et là. Et quelques inspirations notables en termes de réalisation : la vision subjective lors de l’accouchement, la course-poursuite finale. Mais il y a un mais. Il est dommage que ce projet si digne d’intérêt dans ses intentions soit si lourdement plombé par une narration très mélodramatique, avec accents larmoyants appuyés et musique lyrique assommante.
Frédéric Viaux (film vu le 12/08/2026)