Barbie

Barbie

  • La piste aux étoiles

Fiche technique

Titre en VF
Barbie
Titre en VO
Barbie
Année (copyright)
2023
Réalisateur(s) et acteurs principaux
Réalisatrice Greta Gerwig, Acteurs, Margot Robbie, Ryan Gosling, America Ferrera, Kate McKinnon, Will Ferrell, Ariana Greenblatt, Simu Liu, Michael Cera, Rhea Perlman, Helen Mirren
Genre(s)
Comédie, Fantasy / Merveilleux
Thématiques
Objets filmiques non identifiés, Juste un prénom, Jouets, Mondes parallèles, Relations entre mères et filles, Créateurs et créatures, Chef op' Rodrigo Prieto, Films de 2023
Pays de production
États-Unis,  Royaume-Uni
Durée
1 h 55 min
Résumé
Barbie (modèle stéréotypé) mène une vie parfaite dans un monde parfait, fun et coloré, Barbie Land, en compagnie de nombreuses autres Barbie, ses copines. Il y a aussi Ken et ses déclinaisons, autant de soupirants qu'elle tient à distance. Convaincue d'avoir largement participé à l'émancipation des jeunes filles, en remplaçant les poupons, Barbie ne se pose pas de question jusqu'au jour où une pensée morbide lui traverse l'esprit. Elle découvre également qu'elle a un peu de cellulite. Sur les conseils d'une Barbie étrange, Barbie stéréotypée se rend dans le monde réel afin de comprendre pourquoi sa vie est un peu moins rose...
IMDB

Mon avis

Drôle d’objet de cinéma, à la fois d’une grande liberté de ton et pur produit marketing. La société Mattel, qui commercialise la célèbre poupée depuis 1959, a coproduit le film, en injectant manifestement beaucoup d’argent dans ce projet fastueux et en espérant relancer ainsi son produit phare. Un espoir qui prend un chemin curieusement détourné, puisqu’en confiant les rênes du film à Greta Gerwig (scénariste et réalisatrice) et Noah Baumbach (coscénariste), la marque accepte d’être dans l’autocritique, l’autodérision, avec l’histoire d’une Barbie en pleine crise existentielle. C’est le pari d’une certaine modernité. Pas bête. Et semble-t-il payant, si l’on considère, tout au moins, les résultats du film en salles. Reste à voir ensuite, sur la durée, la répercussion sur les ventes de poupées…

Quoi qu’il en soit, le film est destiné davantage à un public adulte qu’à un public jeune, même s’il a différents niveaux de lecture. C’est une comédie, d’une kitscherie pop joyeusement assumée, ludique, amusante voire délirante, qui va bien au-delà de ce programme. On pourrait parler de métacomédie, plutôt intello, qui analyse la symbolique de la fameuse poupée : symbole vanté d’une émancipation féminine (historiquement, Barbie ayant supplanté les poupons, les petites filles ont moins joué à être mères et femmes au foyer, plus à être femmes tout court), symbole d’une idéalisation féminine et d’un diktat vaguement fasciste, symbole du consumérisme et d’un capitalisme forcené… Cette métacomédie joue par ailleurs avec les stéréotypes, évoque un certain féminisme, un certain patriarcat, et le rapport de forces, soumis à variations, entre femmes et hommes.

Il y a beaucoup d’imagination narrative (allées et venues entre des mondes parallèles), d’humour (clins d’œil et références multiples, ironie, second degré, sens de l’absurde) et d’intelligence (caustique) dans l’écriture de ce film. La réalisation, follement emballée, est joliment maîtrisée. Et les deux acteurs principaux (Margot Robbie et Ryan Gosling) sont parfaits d’artifice et de drôlerie. La vivacité d’esprit qui domine l’ensemble procure une réelle jubilation. Avec un écueil cependant : ça va vite et tous azimuts, ça ne résout pas tous les paradoxes soulevés et ça ne laisse pas forcément une idée très précise du produit de cette réflexion à bâtons rompus, en termes de conclusion, quand bien même cette réflexion est truffée d’échappées belles et brillantes.

Frédéric Viaux (film vu le 01/08/2023)

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