De l’autre côté du vent

The Other Side of the Wind

  • La piste aux étoiles

Fiche technique

Titre en VF
De l'autre côté du vent
Titre en VO
The Other Side of the Wind
Année (copyright)
2018
Réalisateur(s) et acteurs principaux
Réalisateur Orson Welles, Acteurs, John Huston, Peter Bogdanovich, Oja Kodar, Robert Random, Susan Strasberg, Norman Foster, Lilli Palmer, Cameron Mitchell, Paul Stewart, Gregory Sierra, Tonio Selwart, Dan Tobin, Dennis Hopper, Paul Mazursky, Claude Chabrol, Stéphane Audran
Genre(s)
Drame
Thématiques
C’était leur dernier long-métrage, Objets filmiques non identifiés, Hollywood au cinéma, Mises en abyme, Personnages réalisateurs - metteurs en scène, Personnages acteurs, Compositeur Michel Legrand, Films de 2018
Pays de production
États-Unis,  Iran,  France
Durée
2 h 05 min
Résumé
Un cinéaste vieillissant, de retour aux États-Unis après un long éloignement, convie son entourage et différentes personnalités du cinéma à une fête où il projette les rushs de son dernier film inachevé, qu'il aimerait reprendre.
IMDB

Mon avis

C’est le dernier film d’Orson Welles, coécrit avec sa dernière épouse (Oja Kodar, qui joue « l’actrice » dans le film). Le tournage, partiel, a eu lieu dans les années 1970, maintes fois interrompu, abandonné et donc resté inachevé à la mort du cinéaste en 1985. Les rushs et les premiers essais de montage ont été repris 40 ans plus tard par Peter Bogdanovich, ami de Welles, réalisateur, également acteur dans le film. Cette post-production posthume a été guidée par les notes de Welles, ses recommandations à Bogdanovich. Et c’est finalement Netflix, à la recherche d’œuvres de prestige, qui a diffusé le film abouti en 2018.
Peter Bogdanovich a ainsi relevé un défi monstre en essayant de mettre de l’ordre dans un matériel touffu et disparate : mises en scène de discussions à bâtons rompus, d’interviews, de témoignages ponctués d’aphorismes, petites scènes filmées à l’arrache, séquences stylisées, couleur, noir et blanc… Au niveau du fil narratif, ça passe assez bien, si l’on accepte un zapping permanent, et même si tout n’est pas limpide. Mais au niveau du rythme, c’est plus problématique : le montage speed, avec beaucoup de plans courts, donnent 2 heures de dialogues à la volée et de chaos stylistique. C’est stimulant au début, puis malheureusement un peu soûlant et assommant, pour un résultat original et inclassable, certes, mais aussi très bavard et prétentieux.
Au demeurant, ce film au joli titre, poétique, n’est pas inintéressant au regard de l’œuvre globale et de la vie d’Orson Welles, dans la mesure où c’est un évident miroir que le réalisateur se tend ici à lui-même. Il y a beaucoup d’éléments autobiographiques dans ce portrait d’un cinéaste sur le retour, créateur et destructeur, incontrôlable et despotique selon certains, ne trouvant plus de producteur pour le suivre sur des projets sans scénario, ruiné mais toujours en mouvement… Le film vaut enfin pour ses différents niveaux de mise en abyme, notamment pour le film dans le film, au style seventies intrigant, qui fait vaguement songer à Zabriskie Point d’Antonioni.
Musique : Michel Legrand.

Frédéric Viaux (film vu le 25/03/2020)

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