Dheepan
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Fiche technique
Mon avis
Jacques Audiard a donc reçu la Palme d’or pour son film le moins réussi à ce jour… Le choix du jury cannois (présidé par les frères Coen) demeure étonnant. Est-ce une Palme qui récompense un auteur plus qu’un film ? Une Palme de conscience politique autour d’un thème d’actualité (les migrants) ? Mystère. Le début du récit est pourtant prometteur. En quelques touches, le réalisateur pose un contexte de guerre civile au Sri Lanka et les conditions d’une migration. Puis il développe deux axes intéressants : l’adaptation de trois étrangers en terre inconnue (trois Sri-lankais en banlieue parisienne) et la cohabitation de ces individus au sein d’une famille pas comme les autres, composée de toutes pièces, où chacun joue un rôle. Sans être transcendant, ce développement se tient bien sur les deux premiers tiers du film : réalisation maîtrisée en mode “réalisme social” ; bonne direction des acteurs principaux, non professionnels mais très convaincants ; narration prenante, entre évocation d’une intimité de plus en plus douce, sentimentale, et tableau social de plus en plus violent. Le problème, c’est la suite et ce qu’elle sous-tend. De façon discordante, le réalisme social bascule dans un registre de film de genre. La violence se déréalise stylistiquement à mauvais escient et surtout accentue une comparaison pas très heureuse entre la guerre civile au Sri Lanka et le chaos qui règne dans une banlieue parisienne. Comparaison suivie d’une autre, déconcertante de simplisme, entre une France apocalyptique et une Angleterre idyllique, célébrée en un dénouement aux accents célestes. Ces maladresses surprennent de la part d’Audiard et laissent au final une impression mi-figue mi-raisin sur l’ensemble du film, bien lancé, mal abouti.
Frédéric Viaux (film vu le 28/08/2015)