L’Hermine
L'Hermine
Fiche technique
Mon avis
Fabrice Luchini retrouve Christian Vincent 25 ans après La Discrète. Il le retrouve pour un rôle écrit sur mesure, dans un cadre judiciaire certes inaccoutumé pour lui mais qui l’intéresse depuis longtemps. Un palais de justice, une salle de procès et ses “coulisses” qui sont sans cesse comparés à l’univers théâtral. Autant dire tout de suite que Luchini, homme du verbe, et dont le personnage s’appelle Racine (!), y est à l’aise. À l’aise mais jamais cabotin. C’est la première bonne surprise du film : l’acteur joue sobre et ça lui va bien. Avec l’actrice Sidse Babett Knudsen, connue pour son rôle dans la série Borgen et qui affiche ici une belle présence, naturelle et douce, il forme un duo qui n’est pas pour rien dans le charme du film. Deuxième intérêt : la justesse du regard sur ce monde judiciaire, abordé avec un réalisme instructif (en évitant l’écueil d’une dramatisation excessive), des personnages crédibles, une définition pertinente de la justice et une relativisation appropriée de la notion de vérité. Ces développements prennent probablement un peu trop de place par rapport à l’histoire de la relation entre les deux personnages principaux, mais ils sont bien vus. Troisième point fort du film (peut-être le plus important) : sa délicatesse dans l’expression des sentiments et dans la façon discrète de faire évoluer, d’humaniser, le personnage du juge. Sans être d’une profondeur insondable ni d’une originalité folle, le scénario, toujours bien écrit, cultive une simplicité et une subtilité qui s’avèrent au final joliment émouvantes.
Festival de Venise 2015 : Prix d’interprétation masculine (Fabrice Luchini) et Prix du scénario (Christian Vincent).
Frédéric Viaux (film vu le 11/12/2015)