La Zone d’intérêt

The Zone of Interest

  • La piste aux étoiles

Fiche technique

Titre en VF
La Zone d'intérêt
Titre en VO
The Zone of Interest
Année (copyright)
2023
Réalisateur(s) et acteurs principaux
Réalisateur Jonathan Glazer, Acteurs, Christian Friedel, Sandra Hüller, Medusa Knopf, Imogen Kogge
Genre(s)
Drame, Histoire, Guerre
Thématiques
Guerre 1939-1945, Camps de concentration - Shoah, Femmes au foyer, Critiques de la bourgeoisie, Films de 2023
Pays de production
États-Unis,  Royaume-Uni,  Pologne
Durée
1 h 45 min
Résumé
Rudolf Höss, son épouse Hedwig et leurs enfants résident dans un beau pavillon avec jardin, qui jouxte le camp de concentration d'Auschwitz. Rudolf Höss est le commandant du camp et sa femme le maître d'œuvre d'un confort bourgeois dans un écrin de nature. Leur quotidien.
IMDB

Mon avis

C’est une plongée très dérangeante et très impressionnante dans la vie quotidienne du commandant du camp de concentration d’Auschwitz, Rudolf Höss, et de sa famille, côté vie domestique, sans jamais mettre un pied ni un œil de caméra dans le camp. Une incursion dans un confort bourgeois obscène et cynique à quelques mètres de l’horreur absolue. Jonathan Glazer et son équipe technique ont envisagé ce contraste avec une précision clinique et un minimalisme choc : sens géométrique du cadre et de la composition, suggestivité terrible du hors-champ, musique inconfortable. Chaque scène, chaque mot, chaque détail visuel ou sonore a été méticuleusement pensé pour faire sens. Faire sens en évoquant la banalité du mal tout en montrant un mal qui ronge les êtres de l’intérieur (dans la dernière partie du film), un bonheur de façade qui abrite une indifférence relative selon les personnages, une déshumanisation et une indécence, un déni ou un dégoût. Faire sens en questionnant aussi, peut-être, par transposition, notre propre rapport aux horreurs du monde, notre capacité à les tenir à une distance plus ou moins confortable.

La Zone d’intérêt (le titre reprend le nom donné par les nazis au périmètre de vie entourant les camps de la mort), au-delà d’offrir un angle inédit au cinéma sur la monstruosité de la Shoah, est un film d’une intelligence, d’une originalité (avec quelques passages expérimentaux) et d’une perfection technique rares. Rares et glaçantes.

Côté interprétation, il y a quelque chose de fascinant dans le travail corporel de Sandra Hüller.

C’est le quatrième long-métrage de Jonathan Glazer, dix ans après Under the Skin. Adaptation d’un roman de Martin Amis. Grand Prix au festival de Cannes 2023.

Frédéric Viaux (film vu le 04/02/2024)

Photo et bande-annonce

Commentaires 1

  1. rappo

    Bizarrement la bande-annonce m’a beaucoup plus glacée que le film lui-même ! Qu’est-ce qui justifie la durée de ce film d’1 heure 45 ? Le dispositif de Glazer est génial et inédit mais il ne tient pas sur la durée. Tout est trop désincarné, certaines scènes sont trop elliptiques et surtout je m’attendais à plus de sonorités visuelles. La scène la plus glaçante pour moi se passe à la rivière, la couleur de l’eau s’assombrit, ce sont des cendres. La fin du film est très réussie, totalement inattendue.

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