Le Vertige
Le Vertige
Fiche technique
Mon avis
Quentin Dupieux s’aventure pour la première fois dans le monde de l’animation. À sa manière, toujours aussi originale, déroutante. Et bricolée. Ici, des prises de vue réelles ont été passées en 3D, dans un style d’un autre âge (l’âge des premiers jeux vidéo en 3D), pour un résultat d’une laideur assumée, qui questionne malicieusement notre attente d’images animées toujours plus belles et perfectionnées. Le film est donc très moche visuellement. Avec, en plus, des personnages peu sympathiques. Un tel refus du “plaisant” force l’intérêt… Même si c’est à double tranchant.
Sur le fond, le scénario joue sur le rapport entre réalité et virtualité, dans un questionnement existentiel qui tient à la fois de la farce et du malaise, en déployant un dispositif gigogne malin, où la dimension “méta” inclut à la fin une mise en abyme du cinéma. Il croque également le monde de la tech, à travers un personnage qui devient un ersatz de Steve Jobs. Il épingle enfin notre dépendance aux progrès de cette tech et notre frénésie de consommation.
Bref, ce sens du vide et du vertige métaphysico-philosophico-sociologico-potache fait mouche à sa façon. À défaut d’être plaisant, le film intrigue et amuse du début à la fin, tout en manifestant à nouveau les limites du système Dupieux, notamment le fait d’être court en développement.
Frédéric Viaux (film vu le 27/06/2026)