Les Échos du passé

In die Sonne schauen

  • La piste aux étoiles

Fiche technique

Titre en VF
Les Échos du passé
Titre en VO
In die Sonne schauen
Année (copyright)
2025
Réalisateur(s) et acteurs principaux
Réalisatrice Mascha Schilinski, Acteurs, Hanna Heckt, Lena Urzendowsky, Laeni Geiseler, Lea Drinda, Susanne Wuest, Gode Benedix, Greta Krämer, Luzia Oppermann, Filip Schnack, Martin Rother, Claudia Geisler-Bading, Konstantin Lindhorst, Florian Geißelmann, Luise Heyer, Ninel Geiger, Zoë Baier
Genre(s)
Drame
Thématiques
Sagas familiales, Récits croisés, Récits d'enfance, Adolescents, Familles nombreuses, Photographes et photographies, Deuils, Pulsions suicidaires, Lignes de fuite, Amputations et mutilations, Masturbation, Maîtres et serviteurs, Au bord de l'eau, Films de 2025
Pays de production
Allemagne
Durée
2 h 30 min
Résumé
C'est l'histoire d'un lieu – une ferme, près d'une rivière, au Nord de l'Allemagne – et de la famille qui l'occupe, sur quatre générations, depuis le début du 20e siècle. Quatre générations, quatre récits qui se croisent et se font écho, avec un focus sur la condition féminine.
IMDB

Mon avis

Ce second long-métrage de la réalisatrice allemande Mascha Schilinski est une expérience singulière qui, sans être parfaite, marque et hante l’esprit après son visionnage. Il s’agit d’un drame familial, plus largement social, aux accents mystérieux, teintés d’une inquiétante étrangeté qui fait parfois flirter la tonalité avec le fantastique voire l’épouvante. Quatre fils narratifs, pour envisager quatre générations d’une même famille, se mêlent et s’entremêlent, avec différents points de vue, des allées et venues dans le temps, des souvenirs, des projections, des fantasmes… Avec des apparitions et des disparitions, des vivants et des morts. La narration est incontestablement inventive, complexe et souvent brillante : savant jeu d’échos où la dimension (psych)analytique le dispute à une inspiration sensorielle, voire sensuelle. Tout cela est servi par une réalisation d’une merveilleuse fluidité, un travail de l’image superbe, un travail du son étonnant et impressionnant. Il y a plusieurs moments inouïs dans ce film, qui génèrent fascination et malaise. Il y a aussi des moments où l’on se perd un peu, notamment dans les liens qui unissent certains personnages d’époques différentes. Il y a enfin quelques longueurs, malheureusement. Mais la poésie de l’ensemble l’emporte. Et, sur le fond, l’approche de la condition féminine, un siècle durant, mérite l’attention. L’auteure porte un regard très spécial sur les liens transgénérationnels, dans une forme intéressante de psychogénéalogie. Ou comment les aspirations intimes et les traumas se diffusent d’une personnalité à l’autre. Ou comment les pulsions de vie (désirs) et de mort (suicides) se transmettent d’une génération à l’autre. Sans concession en termes de morbidité, ce regard est intelligent, sensible et juste, même si l’on peut trouver que la perspective doloriste et déterministe est un peu trop systématique.

Prix du jury au festival de Cannes 2025.

Frédéric Viaux (film vu le 08/01/2026)

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