Marty Supreme
Marty Supreme
Fiche technique
Mon avis
Premier long-métrage en solo de Josh Safdie, sans son coréalisateur de frère, Benny. Le sujet : un épisode de la vie de Marty Mauser, pongiste voyou new-yorkais (1930-2012). Un sujet certes original, mais qui, sur le papier, ne semble pas des plus emballants. Eh bien le réalisateur a réussi à l’emballer de manière assez jubilatoire et étourdissante. Le récit est une succession un peu folle de petites aventures. Qui rebondit dans tous les sens, comme une balle sur une table de ping-pong. Qui paraît débridé, mais se révèle formidablement orchestré. Et surtout qui épouse allègrement la personnalité du protagoniste, jeune homme impulsif et audacieux, menteur et manipulateur, embrouilleur et débrouillard, accumulant idées, succès, échecs, rebonds sur un rythme frénétique et chaotique. Si Timothée Chalamet, dans ce rôle, est parfait d’intensité nerveuse, d’aplomb roublard et de détermination orgueilleuse (sans cabotiner), la mise en scène de Josh Safdie et le travail à la caméra de Darius Khondji sont tout aussi remarquables, d’une fluidité énergique rare. La tonalité est légère et enlevée. Soutenue par une BO anachronique mais très bien choisie. On est quelque part entre Scorsese et les frères Coen. Au plus près d’une pulsion de vie à la fois moquée, raillée et objet d’une certaine fascination. Pulsion de vie qui pulse de façon bien peu orthodoxe. Mais qui se fraie un chemin partout et tout le temps, du début (les images de spermatozoïdes) à la fin (la maternité), en passant par une incroyable séquence à Auschwitz. La vie et rien d’autre.
Frédéric Viaux (film vu le 22/02/2026)