Minotaure

Minotaur

  • La piste aux étoiles

Fiche technique

Titre en VF
Minotaure
Titre en VO
Minotaur
Année (copyright)
2026
Réalisateur(s) et acteurs principaux
Réalisateur Andreï Zviaguintsev, Acteurs, Dmitri Mazourov, Iris Lebedeva, Boris Koudrine, Yuriy Zavalnyouk, Varvara Shmykova, Vladimir Friedman
Genre(s)
Drame
Thématiques
Couples en crise, Femmes au foyer, Photographes et photographies, Adultères, Jalousie, Critiques de la bourgeoisie, Regards sur la Russie, Monde du travail et de l'entreprise, Corruptions, Films de 2026
Pays de production
France,  Allemagne,  Lettonie
Durée
2 h 20 min
Résumé
Russie, 2022. Chef d'entreprise dans une ville de province, Gleb se voit obligé de donner des noms parmi ses employés, afin de grossir les troupes de l'armée dans le cadre de "l'opération militaire spéciale" en Ukraine. Parallèlement, sa vie de couple bat de l'aile ; il soupçonne sa femme, qui étouffe dans son rôle domestique, d'avoir une liaison.
IMDB

Mon avis

Le minotaure, c’est l’homme à la tête de taureau de la mythologie grecque. En termes de symbolique, c’est l’homme dominé par ses instincts animaux, ses pulsions violentes. Andreï Zviaguintsev développe cette symbolique à deux niveaux, mis en regard : le microcosme d’un foyer, où un homme réagit violemment à la tromperie de sa femme ; le macrocosme d’un pays qui entre en guerre et envoie une partie de ses forces vives à la mort. La symbolique et la mise en regard sont intelligemment pensées, à défaut, probablement, d’être assez précisées ou rendues explicites. Quoi qu’il en soit, le film porte une critique de toutes formes d’autocratie. Autocratie masculine. Il porte aussi une critique de la bourgeoisie, fidèle en cela à La Femme infidèle, l’œuvre de Claude Chabrol dont il s’inspire étonnamment pour la trame domestique. Une bourgeoisie qui n’a qu’un seul but, la préservation de l’ordre établi et des apparences, au prix du sang, de la corruption et de renoncements divers et variés. Au global, le réalisateur cerne, une nouvelle fois dans sa filmographie, une déshumanisation en marche, une violence sourde et une faillite morale. Sa conscience aiguë s’allie à un regard clinique. Regard qui se traduit par une grande qualité de mise en scène et d’image, dans des décors tout en baies vitrées, entre bois sombre, acier et béton. Cela donne un film implacable et glaçant, un film impeccable mais qui peut laisser froid par son classicisme millimétré, son absence de trouble et sa longueur.

Grand Prix du festival de Cannes 2026.

Frédéric Viaux (film vu le 15/10/2026)

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