Porcherie
Porcile
Fiche technique
Mon avis
Manger ou être mangé, telle semble être la question posée par les deux histoires parallèles qui forment ce film intrigant et déroutant au possible. C’est l’un des longs-métrages les plus transgressifs de Pier Paolo Pasolini, avec Salò ou les 120 journées de Sodome, mais moins sulfureux visuellement que ce dernier. La transgression est dans l’utilisation de deux thèmes, le cannibalisme (montré furtivement) et la zoophilie (suggérée), et plus largement dans un geste poétique et politique, marqué par un profond dégoût de la société des hommes. Un geste alternant mutisme et logorrhée soûlante, dont le signification laisse perplexe. Condamnation d’un monde dépourvu de sens, ouvert aux pulsions débridées comme à la sauvagerie d’un capitalisme cynique ? Face aux critiques évoquant la confusion du récit et le malaise qu’il génère, Pasolini a répondu : « J’utilise la caméra pour créer une sorte de mosaïque rationnelle qui rende acceptables, claires, affirmatives des histoires aberrantes. » L’auteur, par ailleurs, exaltait « la nature profondément artistique du cinéma, sa force expressive, son pouvoir de donner corps au rêve, c’est-à-dire son caractère essentiellement métaphorique ». Il en est de ce film comme de certains rêves, péniblement abscons.
Le casting franco-italien est étonnant et le doublage de Jean-Pierre Léaud, atroce.
Frédéric Viaux (film vu le 16/03/2025)