Soudain
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Fiche technique
Mon avis
Le film s’inspire d’un livre de correspondance (Quand la vie prend un tournant inattendu) entre deux intellectuelles japonaises : une philosophe atteinte d’un cancer (Makiko Miyano) et une anthropologue médicale (Maho Isono). La transformation de cet échange épistolaire en dialogues de cinéma a malheureusement conservé une dimension très écrite, avec à la clé une oralité artificielle, du moins peut-on en juger dans les dialogues en français (deux langues ont cours dans le film, le français et le japonais). Est-ce dû au fait que le réalisateur japonais Ryusuke Hamaguchi a tourné partiellement dans une langue qu’il ne maîtrise pas ? En tout cas, ça sonne souvent peu naturel et très formel, malgré les efforts des deux actrices principales (Virginie Efira et Tao Okamoto) pour donner vie à leurs personnages. Il y a là une certaine lourdeur, que n’arrangent pas quelques passages très didactiques (les réflexions sur le capitalisme, plutôt incongrues) et une approche générale assez démonstrative. Néanmoins, après une moitié de film bien intello, on se fait peu à peu au style d’expression et on se laisse séduire par une fibre plus émotionnelle, qui finit par toucher, par petites touches. Autour de la vie et de la mort, de l’intime et du collectif, de l’humanisme et de l’utopie, de la parole et du toucher, de belles idées vibrent dans ce texte et une sensibilité se diffuse joliment quand le scénario sort des sentiers battus. Regard délicat sur la fin de vie. Évocation tout aussi délicate d’un coup de foudre amical. Entre empathie et bienveillance. Des qualités qui font d’autant plus regretter le défaut d’oralité et, par ailleurs, la longueur du film.
Prix d’interprétation féminine pour Virginie Efira et Tao Okamoto au festival de Cannes 2026.
Frédéric Viaux (film vu le 31/08/2026)