Onoda – 10 000 nuits dans la jungle

Onoda - 10 000 nuits dans la jungle

  • La piste aux étoiles

Fiche technique

Titre en VF
Onoda - 10 000 nuits dans la jungle
Titre en VO
Onoda - 10 000 nuits dans la jungle
Année (copyright)
2021
Réalisateur(s) et acteurs principaux
Réalisateur Arthur Harari, Acteurs, Yûya Endô, Kanji Tsuda, Yûya Matsuura, Tetsuya Chiba, Shinsuke Kato, Kai Inowaki, Issey Ogata, Taiga Nakano
Genre(s)
Biographie, Histoire, Guerre
Thématiques
Guerre 1939-1945, Armée japonaise, Regards sur les Philippines, Sur une île, Jungle, Obsessions, Folie, Il pleut, Prix Louis-Delluc, Films de 2021
Pays de production
France,  Italie,  Japon,  Belgique,  Allemagne,  Cambodge
Durée
2 h 45 min
Résumé
Fin 1944. Alors que la situation devient critique pour le Japon, Hiroo Onoda cherche à devenir pilote au sein de l'aviation nippone. Il est recalé, au motif qu'il a le vertige. Et la peur de mourir. Il intègre cependant une école militaire annexe, qui va le former à la "guerre secrète", à la guérilla à mener lorsque les Américains débarqueront. Une fois sa formation terminée, Onoda est envoyé en mission sur l'île philippine de Lubang. À l'arrivée des ennemis, il se retranche avec quelques hommes dans la jungle et s'applique à faire son devoir. Il s'y appliquera jusqu'en 1974...
IMDB

Mon avis

Histoire extraordinaire que celle de ce soldat japonais niant la fin de la guerre du Pacifique, soldat-fantôme isolé – avec une poignée d’hommes – au cœur de la jungle d’une île philippine, mû par un sens du devoir insensé et poursuivant avec un aveuglement volontaire une mission qui n’est plus. C’est l’histoire d’un héroïsme vain et pathétique, d’un voyage au bout de l’absurde, de la folie et du temps qui passe. Voyage qui tourne en rond, aventure circonscrite aux contours d’une île et d’un esprit borné. C’est aussi le récit d’une triste victoire, celle du conditionnement inébranlable d’une humanité fragile, qui en vient à se nier elle-même dans sa capacité à raisonner et à vivre sa liberté, produit humain formaté que la tentation même d’un retour à l’état de nature, dans pareil cas, ne vient pas effleurer.

Il est original et audacieux ce film français tourné au Cambodge, avec des acteurs japonais et philippins, en langues étrangères, et inspiré d’une histoire vraie très ancrée dans un contexte, un esprit et une culture dont le réalisateur français, Arthur Harari, n’était a priori pas familier. Réalisateur qui signe là seulement son second long-métrage. Il y est allé avec humilité et intelligence, avec sérieux et sans esbroufe, évitant l’écueil du film “à la manière de”. Il n’a ni cherché à se “japoniser” ni à faire du Herzog ou du Coppola en lorgnant vers d’autres films de jungle et/ou de guerre, comme Aguirre, Apocalypse Now… Ici, on sent que la volonté de coller à l’expérience de vie du personnage central a prédominé dans tous les choix, narratifs et de mise en scène. Pas de trip hypnotique et fascinant, qui n’aurait pas collé à la vision d’Onoda, mais de la sobriété et du réalisme, une forme de minimalisme dans d’amples décors, qui dit bien une certaine étroitesse d’esprit, un refus d’élargir l’horizon. Autre parti pris : laisser le temps au temps, expérimenter avec lenteur une durée qui s’imprime dans le corps et dans l’esprit, au point de laisser a posteriori chez le spectateur une impression de familiarité déroutante, un engourdissement mystérieux entre réalité et irréalité, un fort souvenir d’humus et de pluie.

Exigeant et maîtrisé, ce film aurait mérité mieux qu’une simple présence dans la sélection “Un certain regard” du festival de Cannes 2021.

Prix Louis-Delluc 2021.

Frédéric Viaux (film vu le 06/08/2021)

Photo et bande-annonce

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