Umberto D.
Umberto D.
Fiche technique
Mon avis
C’est le dernier film néoréaliste du tandem De Sica/Zavattini (réalisateur et scénariste), à qui l’on doit notamment Sciuscia et Le Voleur de bicyclette. Néoréaliste, même si quelques scènes du film ont été tournées en studio. Néoréaliste à 100 %, en tout cas, sur le fond, via le tableau d’un dépérissement social italien après la Seconde Guerre mondiale. Tableau qui va du général (la manifestation des retraités réclamant une augmentation des pensions, lors de la première séquence) au particulier, le cas d’Umberto, que l’on suit dans une spirale infernale d’appauvrissement, peu à peu dépossédé de tout sauf de sa dignité. Il est beaucoup question ici d’abandon. Le parallèle entre les vieillards abandonnés et les chiens abandonnés est cruel. Il est beaucoup question ici d’injustice, d’égoïsme, de mépris. Face à ce rouleau compresseur social, le film évoque la tentation de la mendicité, celle du suicide… Avec des accents misérabilistes ? Oui, mais souvent transcendés par de belles idées de mise en scène. Dont l’une, très touchante : quand Umberto, dans la rue, commence à tendre la main pour quémander, puis se ravise en la retournant, pour sentir d’éventuelles gouttes de pluie… La relation entre l’homme et son chien est également, jusqu’au bout, particulièrement touchante.
Ce constat social désespéré (qui inclut le personnage de la servante) a été très critiqué, à la sortie du film, par la classe politique dominante, qui n’y a pas vu une représentation juste de l’Italie d’alors.
Frédéric Viaux (film vu le 21/11/2018, revu le 05/10/2026)