La Gradiva

La Gradiva

  • La piste aux étoiles

Fiche technique

Titre en VF
La Gradiva
Titre en VO
La Gradiva
Année (copyright)
2026
Réalisateur(s) et acteurs principaux
Réalisatrice Marine Atlan, Acteurs, Colas Quignard, Mitia Capellier-Audat, Suzanne Gerin, Antonia Buresi
Genre(s)
Drame
Thématiques
Naples, Adolescents, Enseignants - professeurs, Films générationnels, Romans d'apprentissage - récits initiatiques, Amitié (films de copains-copines), Amours gays, Séducteurs, Jalousie, Pulsions suicidaires, Films de 2026
Pays de production
France,  Italie
Durée
2 h 25 min
Résumé
Lors d'un voyage scolaire dans la région de Naples et de Pompéi, un groupe de lycéens français, emmenés par une professeure de latin, plonge dans le passé tout en vivant avec intensité, pour au moins trois d'entre eux, le présent de leurs émotions.
IMDB

Mon avis

Un film très bien écrit et construit. Humble, fort, “évident”. Plus évident que son titre, qui n’a pas de relais explicite dans le scénario. Après recherche, La Gradiva (qui signifie en latin “celle qui marche”) renvoie à une nouvelle éponyme de l’écrivain allemand Wilhelm Jensen, publiée au début du 20e siècle, qui a inspiré à Sigmund Freud un essai sur l’interprétation des rêves et la notion de refoulement, sur la psychanalyse comparée à l’archéologie. Et d’archéologie il en est bien question dans ce film avec la visite de Pompéi et de quelques musées. De rêves et de refoulement aussi avec l’évocation de la confusion des désirs et des sentiments d’un trio d’adolescents. Le titre (une fois précisé) illustre donc parfaitement ce scénario qui navigue entre présent et passé, offrant un écho symbolique, émotionnel et contemporain au récit de l’éruption du Vésuve, aux fresques pompéiennes montrant des rituels dionysiaques, à des statues masculines antiques, etc. Le dispositif narratif est habile, sans être ostentatoire, servant avec simplicité et intelligence un propos qui semble très juste et très fouillé sur les adolescents d’aujourd’hui : leurs désirs et leurs frustrations, leur fougue et leur mélancolie, leur joie et leur mal-être, leurs illusions et leurs désillusions… Marine Atlan, connue jusque-là comme cheffe op’ et dont c’est le premier long-métrage en tant que réalisatrice, colle au plus près de ses personnages et les fait exister de manière subtile et sensible. Sa mise en scène donne dans le réalisme social, en s’appuyant sur des acteurs ados non professionnels mais très convaincants, sur une actrice adulte (Antonia Buresi, l’enseignante passionnée mais fatiguée), parfaite dans son rôle, et sur des dialogues qui sonnent “vrais”. L’ensemble est riche de détails qui font sens, dans un engrenage dramatique joliment maîtrisé. Les personnages principaux et leurs histoires cheminent ainsi doucement dans notre tête pour finalement attraper le cœur. Et le serrer.

Grand Prix de la Semaine de la critique au festival de Cannes 2026.

Frédéric Viaux (film vu le 22/10/2026)

Photo et bande-annonce

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