L’Inconnue

L'Inconnue

  • La piste aux étoiles

Fiche technique

Titre en VF
L'Inconnue
Titre en VO
L'Inconnue
Année (copyright)
2026
Réalisateur(s) et acteurs principaux
Réalisateur Arthur Harari, Acteurs, Niels Schneider, Léa Seydoux, Lilith Grasmug, Valérie Dréville, Radu Jude, Shanti Masud, Jonathan Turnbull, Victoire Du Bois
Genre(s)
Fantastique, Drame
Thématiques
Adaptations de BD, Photographes et photographies, De l'usage des drogues, Kafkaïen, Grossesses ou accouchements compliqués, Pulsions suicidaires, Paris, Films de 2026
Pays de production
France,  Italie
Durée
2 h 20 min
Résumé
David photographie des lieux de l'Île-de-France, les compare à d'anciennes photos, pour mettre en évidence ce qui a disparu au fil du temps. Solitaire, ténébreux, il est peu enclin aux sorties festives, mais se laisse entraîner dans une soirée par une amie. Il consomme une drogue, se retrouve à faire l'amour avec une femme. Et se réveille, le matin, dans le corps de cette femme...
IMDB

Mon avis

En proposant une intrusion soudaine et incompréhensible du surnaturel dans un cadre réel et familier, ce film s’inscrit purement dans le fantastique. Un fantastique kafkaïen, qui a des résonnances avec La Métamorphose, tout en abordant un phénomène différent, qui tient de la métempsycose (la migration d’une âme ou d’un esprit dans un autre corps), même si ce concept vaut surtout pour après la mort. Ici, de leur vivant, plusieurs personnages changent de corps. Arthur Harari s’appuie sur une bande dessinée qu’il a cosignée avec son frère Lucas (Le Cas David Zimmerman) pour nourrir ce long-métrage très original et très audacieux, qui ouvre des voies narratives nouvelles, parfois sidérantes. Le développement du récit, complexe avec ses rebondissements et ses jeux de miroir vertigineux, est globalement bien tenu, même s’il tire un peu trop en longueur et tarde à finir, avec une fin qui aurait pu être plus marquante. Stylistiquement : pas d’effet superflu, dans un genre qui peut s’y prêter, mais une volonté de réalisme cauchemardesque, dans la grisaille du concret, qui conditionne aussi le regard, sec et cru, porté sur les personnages principaux. Des personnages campés par des acteurs qui jouent une partition extraordinaire pour traduire les changements de corps, essentiellement via le travail gestuel et l’éloquence de regards qui disent l’effroi, l’horreur, l’absurde… Bien dirigés, Niels Schneider, d’une noirceur décharnée, qui rappelle celle de Vincent Gallo, et Léa Seydoux, qui a tourné trois mois seulement après avoir accouché, n’ont peut-être jamais été aussi impressionnants, sans concession pour leur image. Au final, sans être plaisant ni parfaitement abouti, ce film reste une expérience existentielle unique, physique et mentale, où il est beaucoup question de la peur de disparaître et de l’étrangeté de l’altérité. Son mystère et ses multiples incidences troublantes nous hantent quelque temps encore après le visionnage.

Frédéric Viaux (film vu le 30/08/2026)

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